Le Moniteur n°5160 18 octobre 2002
Une toiture Inox fédère les volumes d’une usine en Suisse



Mis en concurrence avec un constructeur suisse d'usines clefs en main, les deux archi-tectes français Cuno Brullmann et Jean-Luc Crochon l’ont emporté en proposant une grande toiture fédératrice en acier Inox, couvrant parkings, ateliers de mon-tage et bureaux. Cette toiture enseigne, à la fois forte et ins-crite dans le paysage, permet d’éviter l’effet de «boîte à chaus-sures » des volumes industriels usuels, isolés entre voies d’accès et parkings. Les voitures des sa-lariés et les camions de livraison stationnent le long de la route, sous la toiture qui forme une pergola en partie basse. Les VIP reçus dans les bureaux d’étage accèdent par le toit, au centre duquel est ménagé un petit parking. Portée par une structure d’acier standard confortée par deux noyaux en béton, la toiture a été mise hors d’eau et isolée par des panneaux sandwich tradition-nels. Elle a ensuite été revêtue d’une sur toiture à finition Inox, qui crée un grand plan unitaire et dissimule l’ensemble des re-montées d’étanchéité, prises d’air, et sur hauteurs des lanter-neaux. Les tôles d’Inox brut, épaisses d’un millimètre, sont mises en oeuvre dans les dimensions maximales existantes, afin de créer un effet de plaque à l’échelle du site (36ox 120 cm). Elles ont été rivetées en usine à des bacs porteurs en acier électro-zingué qui assu-rent leur rigidité. Le poids du complexe bac+tôle est reporté sur la structure mé-tallique par des connecteurs fixés à travers les panneaux sandwich. Des coussins antivibratiles placés au droit des connecteurs, ainsi que des bandes acoustiques revêtant les IPN de liaison permettent d’évi-ter l’effet «tambour» de la pluie sur la surtoiture. Une partie de
la tôle d’Inox dépasse du bac porteur et est pliée afin de si-gnaler les zones non circulables au personnel d’entretien. Au-dessus du parking, les plaques d’Inox et leurs bacs por-teurs investissent le toit de fa-çon plus aléatoire, pour limiter le coefficient de couverture à50 %. Les ateliers conservent ainsi un éclairage naturel et le parking reste un espace exté-rieur, ce qui limite son coût et simplifie la réglementation qui s’y réfère.